Un patrimoine marin d'une richesse insoupçonnée
La France possède le deuxième domaine maritime mondial grâce à ses territoires d'outre-mer. Mais même en métropole, les eaux de la Manche, de l'Atlantique et de la Méditerranée abritent une biodiversité remarquable. Voici les 20 espèces que vous rencontrerez le plus souvent en plongée, de la surface aux profondeurs récréatives.
Top 5 : les inévitables
1. La girelle commune (Coris julis)
C'est probablement le poisson que vous verrez le plus en Méditerranée. Les mâles arborent une robe spectaculaire : flanc bleu-vert avec une bande orange en zigzag. Les femelles sont plus discrètes, brun-rougeâtre. Taille : 15 à 25 cm. On la trouve partout, des herbiers de posidonie aux tombants rocheux, entre 1 et 40 mètres.
2. Le sar commun (Diplodus sargus)
Reconnaissable à ses flancs argentés marqués d'une large bande noire sur le pédoncule caudal et de fines barres verticales sombres. Il vit en petits groupes sur les fonds rocheux entre 2 et 30 mètres. Très courant des côtes provençales à la Corse.
3. La castagnole (Chromis chromis)
Ce petit poisson brun foncé (8-12 cm) forme d'immenses nuages au-dessus des rochers. Les juvéniles sont d'un bleu électrique saisissant. Impossible de plonger en Méditerranée sans en croiser des centaines.
4. Le serran écriture (Serranus scriba)
Un petit mérou de 15-25 cm reconnaissable aux lignes bleues entrelacées sur sa tête (qui rappellent une écriture) et à la tache mauve sur le ventre. Curieux, il s'approche souvent des plongeurs. Fonds rocheux entre 5 et 30 mètres.
5. Le poulpe commun (Octopus vulgaris)
Le roi du camouflage. Repérez les amas de coquillages et de cailloux devant les cavités : c'est l'entrée d'un « jardin de poulpe ». Intelligent et photogénique, il fait le bonheur des plongeurs qui prennent le temps de l'observer. De la surface à 50 mètres, sur tout type de fond.
6 à 10 : les habitués des tombants
6. La murène commune (Muraena helena)
Corps serpentiforme pouvant atteindre 1,50 m, peau brune tachetée de jaune. Elle ouvre et ferme la bouche en permanence pour respirer — ce n'est pas un signe d'agressivité. Fréquente les anfractuosités rocheuses entre 5 et 40 mètres.
7. Le mérou brun (Epinephelus marginatus)
Le seigneur des eaux méditerranéennes. Son retour dans les zones protégées est un succès de conservation remarquable. Corps massif brun-olive, grande bouche protractile. Tombants et grottes entre 10 et 50 mètres. Lisez notre fiche complète sur le mérou brun pour en apprendre davantage.
8. Le congre (Conger conger)
Plus grand que la murène, ce poisson anguilliforme gris-noir peut atteindre 3 mètres. Il loge dans les failles et les épaves. Souvent confondu avec la murène par les débutants, il s'en distingue par sa couleur uniforme et ses yeux proéminents.
9. La rascasse brune (Scorpaena porcus)
Plus petite que le chapon (15-25 cm), la rascasse brune est un expert du camouflage. Immobile sur le fond, elle attend que les proies passent à portée. Attention à ne pas la toucher : ses épines dorsales sont venimeuses.
10. La mostelle (Phycis phycis)
Poisson discret, brun à reflets rougeâtres, reconnaissable à ses deux nageoires pelviennes allongées en filaments. Fréquente les surplombs et les entrées de grotte entre 10 et 40 mètres.
11 à 15 : les colorés
11. Le barracuda européen (Sphyraena viridensis)
Corps fuselé argenté à dos verdâtre, formant des bancs pouvant compter plusieurs centaines d'individus. Spectacle garanti entre 10 et 30 mètres en pleine eau, particulièrement dans les meilleurs spots de Méditerranée.
12. La badèche (Epinephelus costae)
Un cousin discret du mérou, gris argenté avec une grande bouche. Plus fusiforme que le mérou brun, elle fréquente les tombants entre 20 et 50 mètres.
13. Le spirographe (Sabella spallanzanii)
Ce magnifique ver tubicole déploie un panache branchial en spirale pouvant atteindre 30 cm de diamètre. Ses coloris varient du blanc au brun en passant par l'orange. Il se rétracte instantanément si vous approchez trop vite.
14. L'étoile de mer rouge (Echinaster sepositus)
D'un rouge vif, elle est l'étoile de mer la plus commune de Méditerranée. On la trouve sur les rochers et les fonds détritiques entre 5 et 40 mètres. Ne la confondez pas avec l'étoile de mer glaciaire, qui possède davantage de bras.
15. Le corb (Sciaena umbra)
Poisson au corps ovale, brun doré, qui vit en petits groupes sous les surplombs. Espèce protégée en Méditerranée, sa pêche est interdite. Son observation est un indicateur de bonne santé de l'écosystème.
16 à 20 : les rencontres spéciales
16. La grande nacre (Pinna nobilis)
Le plus grand bivalve de Méditerranée, endémique de cette mer. Pouvant atteindre 1,20 m, elle est aujourd'hui en danger critique à cause d'un parasite (Haplosporidium pinnae). Chaque observation doit être signalée aux autorités compétentes.
17. Le homard européen (Homarus gammarus)
Bleu-violet, il se distingue du homard américain par sa couleur et par des pinces plus fines. Nocturne, il sort de son abri à la tombée de la nuit. On le rencontre surtout en Atlantique et en Manche, entre 5 et 40 mètres.
18. La daurade royale (Sparus aurata)
Reconnaissable à sa bande dorée entre les yeux et à sa tache noire sur l'opercule. Elle fréquente les herbiers et les fonds sableux. Plus commune en Atlantique qu'en Méditerranée.
19. Le hippocampe moucheté (Hippocampus guttulatus)
Discret et protégé, cet hippocampe se cache dans les herbiers de posidonie et les algues. Il mesure 10 à 15 cm et se repère grâce à ses excroissances cutanées qui ressemblent à de petites ramifications.
20. La raie pastenague (Dasyatis pastinaca)
Grande raie au corps en losange, souvent enfouie dans le sable. Son aiguillon venimeux sur la queue impose la prudence. Elle peut mesurer jusqu'à 1,40 m d'envergure. Fonds sableux entre 5 et 30 mètres.
Documenter vos observations
Chaque plongée est une occasion de progresser dans l'identification. Les plongeurs qui tiennent un carnet de plongée numérique avec les espèces observées développent rapidement un œil expert. DeepLog intègre une encyclopédie marine avec clé de détermination interactive qui facilite l'identification post-plongée et garde un historique complet de vos observations.
Contribuer à la science participative en signalant vos observations enrichit aussi les bases de données naturalistes, utiles aux chercheurs pour suivre l'évolution de la biodiversité marine.